Elle s’appelait Anne !

Ce samedi après-midi… je rentre consciencieusement chaque nouvelle référence du maquillage Zao que je souhaitais vous faire découvrir sur ma boutique Terrasens.

C’est le week-end, je me dis quand même que je devrais aller me promener avec ma petite famille plutôt que de faire cela. Surtout qu’il y a un rayon de soleil, aussi de la fraîcheur glaciale pour un mois de mai, mais il y a surtout ce rayon de soleil si rare et si attirant. Mais j’ai pris du retard me dis-je, mes jours ne sont pas assez longs pour gérer la pile des petites et grandes choses à faire pour ma petite entreprise. J’essaie de rattraper ce retard…

Ce samedi après-midi, au beau milieu d’une mise en page répétitive sur l’ordinateur, le téléphone sonne. C’est Annabelle, une amie, qui me prévient que Anne est décédée, la veille au soir. Le choc.

Anne était une esthéticienne, une maman de 2 enfants, une épouse… elle est partie brutalement d’un AVC en plein dans sa quarantaine ! Un soir, comme ça.

Je réponds que c’est atroce, je n’ai pas de mot, en fait j’ai des frissons, je suis tellement triste.

Anne avait le rêve d’aller vivre avec sa famille en Polynésie, il ne restait plus qu’à vendre la maison pour partir. Elle avait cru en ce rêve et s’organisait jour après jour pour y arriver. Elle faisait des soins de beauté et de détente chez elle, elle s’était formée au reiki car elle souhaitait plus que tout que ses clientes se sentent bien, se détendent et apprennent à prendre soin d’elles. Elle mettait tout son coeur pour que le moment du soin soit une parenthèse douce et bienfaisante. Elle voulait juste continuer à faire cela à Tahiti.

Esthéticienne, c’est un métier assez méconnu finalement, ou plutôt l’image de l’esthéticienne ne ressemble pas à toute une frange d’esthéticiennes qui ont ce métier dans leur ADN, qui se donnent toute entière pour faire du bien aux autres. C’est un métier qui exige de grands talents, qui demandent beaucoup de travail sur soi. Celles qui sentent que la beauté ne passe que par un bien-être profond, sont amenés sur un chemin hardu : elles savent que leur propre épanouissement est la clé pour guider les autres vers leur bien-être, pour aider les autres à se détendre et à faire une vraie expérience, durable, d’estime de soi.

Que c’est injuste, elle est partie. Que c’est injuste et douloureux pour ses proches. Que c’est égoïste car de suite mon cerveau me dit ! et toi ! tu te vois devant l’ordinateur à pianoter pour une chose qui en fait peut attendre, n’est pas à un jour près. Et ta famille, est-ce que tu en profites assez ? et toi est-ce que tu prends assez soin de toi, et notamment dans ces moments où tu crois faire des choses pour le bien-être des autres. Est-ce que tu es à ta place aujourd’hui ?

C’est affreux cette sensation de passer à côté, ou de se tromper de priorité : de telles nouvelles donnent de suite l’impression qu’il est urgent de vivre, de tout lâcher et d’aller rire avec les gens qu’on aime. Pourquoi nous ne pensons pas suffisamment à cela le reste du temps, justement quand on croît que la vie va s’arrêter parce qu’on a oublié d’acheter de l’ail pour le repas du soir, qu’on se met en colère parce que la facteur n’a pas livré la lettre attendue, ou qu’on stresse parce que nous pensons qu’il est impératif de faire ci ou ca maintenant, sinon…. sinon rien en fait. La vie est remplie de choses inutiles et stressantes, et nous ne voyons plus l’essentiel.

Anne, je pense à toi, demain c’est la fête des mères et rien que de l’écrire c’est douloureux, alors je pense à ta famille. Je t’envoie à toi tout là haut et à ta famille tout près d’ici, mille pensées de douceur et de paix. Tu resteras une étoile brillante qui scintillera chaque jour pour nous rappeler que la vie est précieuse, courte et imprévisible. Merci Anne.

J’écris ces quelques mots parce que là j’ai la sensation de faire quelque chose d’essentiel : je prends soin de mon émotion en l’exprimant et je prends soin des autres en partageant un cri de coeur : Vivre, vivre ici et maintenant, vivre ensemble…

Je mets un point final et je vais embrasser mes proches.

A bientôt…

 

3 réponses
  1. Elise Le Pallabre
    Elise Le Pallabre dit :

    Message laissé par Laurent, le mari de Anne
    Commentaire :
    merci Elise pour ce vibrant hommage . aujourd’hui c’est une étoile comme tu l’écrit mais je peut t’assurer qu’elle était considérer par tous comme un ange tant son besoin de faire du bien était profond. C’etait sa raison d’être.CHAKRANNE était son troisième « bébé » et je t’assure qu’elle était fière de la qualités des soins, un peu grâce à toi,vu les parfums qui échappaient de son institut.En tous cas je voulais te remercier pour cet article. Laurent.

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  2. Sybille
    Sybille dit :

    Chère Elise,
    Pour moi, la mort n’est ni juste, ni pas juste, elle fait partie de la vie. pour autant, la mort est douloureuse, douloureuse pour ceux et celles qui restent et qui doivent faire avec l’absence.
    L’histoire de Laurent me renvoie un an en arrière où est parti José. Il venait d’avoir 50 ans, et avait une vie comme tout un chacun. Et la douleur fut grande pour sa compagne, ses enfants, ses parents, ses amis… Et c’est avec cette absence, ce manque, cette douleur qu’ensuite chacun avons à avancer. Honorer celui / celle qui est parti, c’est pour moi, lui permettre de partir en paix et pour partir en paix, cela passe à mon sens par la paix retrouvée de celui qui reste…Et c’est un travail… un travail plus ou moins long qui s’appelle le deuil. Moi, je remercie toujours le défunt d’être entrer dans ma vie et de m’avoir apporter le temps de la rencontre permise, de la vie, ce que nous avions à échanger… Et puis je leur garde une place dans mon coeur pour l’amour que je leur porte, et ma vie elle continue… Je souhaite de tout coeur à Laurent, à ses enfants, à tous ceux qui ont connu et aimé Anne de vivre intensément et d’honorer de cette manière sa mémoire… très sincèrement et de tout coeur

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