Faute de miracles

Une partie de nous espère toujours dénicher la crème miracle, on dirait bien que c’est le syndrome voisin (ou issu ?) de celui du prince charmant…

Nous savons parfaitement pourtant qu’une crème ne peut détenir le seul et unique pouvoir de nous rendre notre peau de 15 ans (euh non au fait, je ne veux pas de cette peau-là, j’avais trop de boutons), notre peau de 25 ans (oui mais que la peau alors, pas celle que j’étais, qui ne savait pas entre autre apprécié sa chance !)

Cette partie de nous qui est tellement accrochée à son idéal, se laisse encore parfois attendrir par des promesses miraculeuses, quitte à en oublier ses bonnes résolutions de début d’année, d’être plus green, plus militante au quotidien (engage toi toi-même !). Une crème qui efface les cernes et les poches définitivement (ce serait quand même le top, je suis d’accord !).

Cette partie de nous a en parallèle affûté une capacité de jugement critique hors catégorie (le top du top !). « Cette crème, bof ! Je l’ai mise une fois, mais rien. Pas top. Rien de spécial quoi ! C’est artisanal, je voulais être cohérante avec ma décision d’être locavore, mais bon, c’est basique, ça ne fait pas rêver : je brille quand je mets l’huile.  Et puis ça sent quand même bien le jardin, ou le foin, non ?… ».

Cette partie de nous est seulement une petite voix casse-pieds (casse-bonbon sinon), créée de toutes pièces au fil de ce que nous avons entendu depuis l’enfance : tous ces jugements tellement répétés qu’ils se sont imprimés et se dupliquent à la moindre occasion. Il faut du temps, de la prise de conscience, de l’apprentissage de pensées positives, de la maturité pour se créer une autre voix (une autre voie aussi) et découvrir par nous-mêmes les beautés de la vie, la magie de qui nous entoure et nous habite.

Cette partie de nous ne voit pas certaines évidences, ces petits gestes qui ne sont pas assez bien pour elle, qui ne sont pas tendance… Ils sont pourtant le socle d’une meilleure estime de soi, d’une meilleure vision de l’essentiel dans la vie, d’une meilleure faculté à apprécier ce qui a réellement de la valeur.

Alors aujourd’hui je m’adresse à celle que vous êtes vraiment, celle qui saura lire entre les lignes et accueillir l’instant. Juste quelques conseils beauté auxquels nous ne pensons pas toujours, tantôt basiques comme des évidences bonne à rappeler néanmoins, tantôt plus subtils…

  • CONSEIL 1, des crèmes et des mains

Est-ce que vous vous lavez les mains avant de mettre votre crème ou votre sérum… ? Que vos soins soient en pot, en flacon, en tube… Pourquoi impérativement se laver les mains ?
Je ne vous fais pas un dessin, mais si vous achetez la plus belle crème du monde, avec les ingrédients les plus rares et précieux, n’est-ce-pas dommage de la masser amoureusement sur votre visage avec vos mains peuplées de virus, levures et bactéries (notamment fécales !) de toutes sortes ?
C’est un peu rude certes… mais (c’est vrai !)

Tout particulièrement quand on vit avec des soucis de boutons, de rougeurs, de sensibilité et autres « joyeusetés » cutanées, se laver les mains nous épargent d’en ajouter à notre palmarès ! Voire cela peut déjà arranger certaines choses (côté irritations, inflammations, démangeaisons etc….).
Il s’agit de les laver en douceur néanmoins, ce serait excessif de les décaper (notre flore bactérienne propre est notre alliée)
Le savon à froid est intéressant en ce sens, écologique et doux pour les mains, tout en nettoyant bien.

  • CONSEIL 2, Accrochez-vous au pinceau

Dans la même veine (après je serai moins terre à terre, promis), repensez à vos pinceaux et accessoires de maquillage ou de démaquillage. Une merveilleuse crème de jour anti-imperfections pourra-t-elle jouer le rôle pour lequel vous l’avez élue, si vous la badigeonnez ensuite avec un pinceau cra-cra de poudre cra-cra ? Les boutons et autres seront eux, ravis…

De l’eau savonneuse pour les laver chaque semaine… et cela ira mieux.
Il s’agit aussi de les sécher relativement rapidement, pour ne pas laisser l’humidité favoriser nos amies les bactéries.

Idem pour les cotons lavables et autres éponges ou gants, linges qui ont remplacé avantageusement nos cotons jetables dans la salle de bain…
Je pourrai ajouter aussi la taie d’oreiller dans laquelle nous nous lovons avantageusement. OK j’arrête là pour les réjouissances hygiéniques.

  • CONSEIL 3, Pas de temps, pas de (nouvelle) peau

Vous allez me dire que vous sentez tout de suite qu’une crème vous convient ou non. C’est pour cela que vous préférez tester un échantillon, vous aurez un aperçu direct, sans vous ruiner, au cas où.
Certes…

Revenons à notre prince charmant un instant.  J’imagine que vous avez remarqué aussi que d’aimer l’autre (le kiffer, avoir le coup de foudre, tomber raide dingue, tomber amoureuse, tomber en amour..), cela ne suffit pas à faire durer une relation. Parfois cela peut être la bonne personne en théorie, mais la relation (et le quotidien) nous remet beaucoup en cause, ébranle nos certitudes et nous destabilise au point parfois de se rapprocher dangeureusement du bord de l’abîme de l’inconnu (quasiment hors de notre zone de confort, ouh la la !). Alors en pratique, on se quitte, on se rate, on laisse tomber, même si en théorie tout était idéal sur l’étiquette.

Je trouve que nous pouvons apprendre beaucoup d’une crème qui ne nous plaît pas au premier contact. Notamment sur ce que nous ne voulons pas voir de nous dans le miroir. La crème est un miroir. Elle dit qui nous sommes à un instant T.  C’est l’occasion de fluidifier certaines choses. Appliquez la crème plusieurs jours et semaines pour laisser la nature agir. Acceptez de faire équipe avec elle, elle pourrait vous surprendre.

Une graine ne sort qu’après un certain temps de maturation sous terre, avec l’impression qu’il ne se passe rien, puis elle grandit. Vous pouvez l’aider à aller plus vite, mais il lui faudra quand même un certain temps pour se développer. La nature est ainsi et c’est sans doute parfait ainsi.

Dernière raison pour laquelle, je vous conseille de prendre le temps de mettre une crème sur plusieurs semaines, tout spécialement les crèmes naturelles : les ingrédients utilisés sont différents des substances habituelles en cosmétique. De la même manière que les fruits et légumes BIO n’ont rien à voir avec un arome industriel ou un sucre raffiné (malgré une volonté de faire passer les uns pour les autres).

Le sucre est addictif de la même façon que certaines senteurs synthétiques peuvent nous subjuguées au premier abord. Mes filles par exemple se laisseraient tenter sans soucis pour une senteur coca ou barbe papa et me demandent au pire de leur faire une crème de jour senteur thé glacé à la pêche !

Quand vous rencontrez les vraies senteurs, textures, des vraies plantes dans la vraie vie, c’est normal d’avoir besoin de temps pour se sevrer des dites substances, le naturel authentique peut vite être perçu comme une autre planète, plus inconsciente, plus cellulaire (et fantastique !)

Le mental s’y perd un peu, lutte, ne veut pas changer, entretient le brouillard, mais au fil des jours, l’attraction change de pôle, les ingrédients naturels séduisent lentement en douceur. Les fréquences s’ajustent, les vibrations se mettent au diapason. Les ingrédients naturels parlent à nos cellules, elles sont faites des mêmes molécules (Carbone, Oxygène…) et se reconnaissent. C’est comme des retrouvailles, quand le mental veut bien s’effacer au profit du coprs, pour que nous perçevions mieux nos sensations, nos émotions. Ce ne sont pas que des mots, cela se vit pour le vérifier par soi-même.

Un des signes que l’alchimie a lieu, c’est l’impossibilité de revenir en arrière : supporter des senteurs synthétiques ou textures, même en insistant plusieurs jours, donne la nausée durablement. La bascule naturelle s’est faite… et rares sont ceux qui reviennent à la barbe à papa.

C’est un sevrage, il faut le temps qu’il faut, selon chacune, son histoire, son envie, son ouverture. Tout arrive quand le moment est venu, c’est ainsi. Rien à faire pour forcer les choses, si ce n’est oser tester, être curieux de nouveautés, pas dans le sens « miracles » mais dans le sens sensoriel : sentir, ressentir, toucher des synergies de plantes à l’infini et développer sa sensibilité, sa sensorialité.

Demandez à votre corps, à votre coeur de choisir une crème, pas à votre tête…

Ce que je dis être vrai quand il s’agit de plantes dans la crème. Une forme d’affinité se manifeste, de langage commun entre cellules vivantes, ce qui ne peut se faire avec des ingrédients synthétiques, inertes, non vivants ou trop dénaturés donc.

Une crème naturelle ne sentira pas comme un parfum dior ou chanel, une huile végétale ne sera pas sèche sans quelques amènagements, une huile essentielle ne sait pas sentir la barbe à papa (spéciale dédicace à mes filles), mais comme le disait Einstein :

« Si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide ».

Regardez une crème naturelle, pour ce qu’elle est :
Une façon de se dire bonjour le matin, d’honorer notre féminité, de prendre soin de soi, de se donner de l’attention, de l’amour, de se faire plaisir, de jouer le jeu de la vie terrestre, de sentir bon !

POUR FAIRE L’EXPERIENCE D’UNE CREME NATURELLE

Choisissez-là 100% d’origine naturelle, pour explorer ce qui nous ressemble de près ou de loin, qui existe déjà naturellement sur cette Terre (Ce paradis !).

Lavez-vous les mains… (je me répète ?)

Prenez le temps de l’appliquer. Donnez-vous du temps pour être juste quelques secondes ici et maintenant quand vous la massez sur votre peau.
Fermez-les yeux, massez un peu encore. Puis ouvrez-les yeux. La cerise sur le gâteau serait de vous sourire !

L’efficacité de la crème et sa sensorialité sont directement liées à vous : à l’intention que vous posez sur elle, à l’attention que vous vous portez, à l’envie que vous avez de vous faire plaisir et nourrir de l’estime pour vous-même. La crème fait écho. Si vous l’avez choisi, c’est qu’elle peut vous apporter quelque chose, faites confiance au « hasard », accueillez le message, l’expérience. Décidez de toujours voir ce que cela vous apprend avant le reste.

Demandez-moi conseil, je suis là pour partager avec vous certaines connaissances, pour vous accompagner sur ce chemin de découvertes (de vous !).

Au pire, si vraiment une crème ne vous parle pas, partagez-là. Sinon, elle finit sa course sur une étagère, délaissée et oubliée, empoussiérée même. Elle pourrait faire bien plaisir, offrez-là une personne que vous aimez.

Vous n’imaginez peut-être pas tout le parcours accompli par cette crème pour se concentrer dans votre joli flacon : tant de gens ont travaillé ensemble pour finaliser une expérience sensorielle respectueuse et riche. Cela ne peut pas être neutre ! Toute cette richesse végétale, humaine est un cadeau. Tout simplement.

Mieux vous aimer est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire à vous-même. Plus vous accepterez qui vous êtes, comme vous êtes, plus la vie vous fera de jolis cadeaux. C’est magnétique. C’est en (s’) « aimant » qu’on attire l’amour.

C’était la St Valentin, hier, ceci explique cela, le pourquoi sans doute de cet article…

Crédit photo : adobestock et eliselefrapper